Ce titre peut faire peur par rapport à mes écrits habituels. Mais non, ce n'est pas un appel au drame. Plutôt un gros coup de Trash
Talk parce que j'en ai envie.
J'aime beaucoup l'observation. En ce moment, je fais une pseudo-étude des personnes âgées. Je me contente de les observer, de
centraliser les comportements, d'analyser et de faire mes propres conclusions.
Attention, ça pique mais prenez ça avec humour. Enfin, presque.
Une fois n'est pas coutume, commençons par la conclusion :
Non je ne veux pas devenir vieux.
Pourquoi ?
Parce que les vieux, c'est une horreur. Je ne parle pas du physique mais de la vie qu'ils mènent. Des années de labeur et d'économie
pour ça. Non, je veux plutôt dire pour "ÇA" ! Beaucoup de pingres vérolés radotant la même chose et tournés vers le passé. Pas étonnant que les futures générations se sentent lésées.
Quelques observations marrantes et mes analyses (un peu dégueulasses, j'avoue) :
Cas 1 : Pingres de la restauration
Mon frère me disait qu'il avait vu un couple de vieux à Flunch. Nous nous disions que Flunch, c'est bien avec tes potes pour délirer et
parce que ce n'est pas très onéreux. Mais à la retraite, franchement, j'aimerais plutôt aller au restaurant. Je ne dis pas spécialement un restaurant super chic mais un restaurant tout de
même.
Mais ce n'est rien. Là, mon bien-aimé frère me dit qu'il a entendu une phrase de la part du vieux. Une phrase pathétique d'ailleurs. Du
style :
"Oh mais regarde, [nom de vieille bien ringard genre Simone ou Georgette], le menu est à 6,50€ sur l'addition. Mais c'était 5,50€ ! Roh
on va aller voir à la caisse."
NON MAIS MERDE ! Ok, 1€ c'est 6.55957 francs mais tout de même. Avec l'indexation des prix, tout ça, 1€ ce n'est plus grand chose
finalement. Surtout sur un menu à Flunch...
Pour moi, c'est simple : c'est un processus de tentative de resocialisation. Les vieux se sentent hors de la société et tentent une
réintégration. Forcément, en étant sortis du système social, ils se sentent inutiles. Mais ce n'est pas en cassant les couilles de la pauvre caissière qu'ils risquent de se faire bien voir. Ni
pour la pauvre nana qui trime pour un SMIC, ni pour des jeunes comme nous.
C'est une manière de dire "Hé, nous sommes encore là".
Oui, ça, on a vu... C'est quand la prochaine canicule au fait ?
Cas 2 : Des pièces rouges
Supermarché, midi vingt, j'ai besoin d'un sandwich. Je passe donc à la caisse.
Devant moi, une pauvre petite vieille, pas méchante pour un sou. Elle n'a que des produits promo sur le tapis roulant. Elle galère un
max, sort son porte-monnaie et paie en centimes. Les plus petites pièces.
Heure du midi : très speed pour moi, j'ai du travail et pas vraiment envie de passer 5 minutes de ma pause à regarder une mamie compter
ses deniers. Je suis un cadre et je suis pressé. Ce n'est pas pour mon plaisir que je trace, mémé.
Processus de resocialisation : elle sort un "ça va choucrouter" en partant. Oui, je n'ai pas compris. Est-ce une blague ? Mais c'est
drôle comme le spectacle de Laurant Gerra ça. Pour la compréhension de tous : elle avait acheté au moins 23 kilos de choux, d'où choucrouter (verbe du premier groupe). Je suppose qu'elle devait
nourrir son quartier ou faire des réserves, je ne sais pas...
Ce qui est hallucinant, c'est que la population des septuagénaires (et les générations du dessus) font leurs courses pendant que les
actifs ne sont pas au travail. C'est-à-dire : le samedi après-midi, le midi ou le soir après 19h...
MAIS BORDEL VOUS AVEZ TOUTE LA JOURNÉE !!! Pourquoi vous ne voulez pas prendre ces créneaux ?
Ah oui... vous avez besoin de vous sentir intégrés, j'avais oublié... le réchauffement climatique peut-il déclencher une canicule
?
Cas 3 : Nostalgie dans le noir
Là je pense que certains comprendront.
La visite chez ses grands-parents. Un truc commun à beaucoup de petits enfants. C'est drôle étant jeune mais moins en grandissant. Tout
le monde va se reconnaître. C'est tellement cliché et tellement normal.
C'est à ce moment que l'on constate qu'après des décennies de vie commune, il n'y a plus de discussion. Je dirais presque que nous
sommes vraiment des rayons de soleil. Et en général, la grand-mère a le dessus sur le grand-père. D'ailleurs, les femmes meurent plus vieilles. Parfois, je me demande si elles n'usent pas leurs
maris... Mais profitez d'être à deux, tranquille ! Barf, c'est vrai, ils sont ensemble 24h/24h, forcément, à la fin, ça doit être horrible.
La lumière est éteinte, une pièce dans le sombre pour économiser l'énergie "parce que c'est cher". Depuis des années, même si c'est
sympa, on a toujours droit aux mêmes anecdotes... J'ai vraiment l'impression de revivre en 1998. Ce n'est pas déplaisant mais au bout du compte, cela ressemble beaucoup à M6 en plein après-midi.
Manque que "Moi, Renard" sur un écran à tube cathodique de 36 cm. J'aurais préféré un Mario Kart 64 en réalité.
Un monologue, un mini-coca ou une bière (attention, jamais plus de deux, parce que l'alcool, ce n'est pas bien). Oui, dans quelques
semaines, je fêterai mes 12 ans. Puisque j'ai 12 ans depuis 15 ans ici. D'ailleurs tout le monde a 12 ans, personne n'a grandi. Les grands-parents ne veulent pas voir la famille grandir. D'où les
anecdotes du passé, les dessins du passé, les meubles du passé... en flot continu.
Autre truc sympathique, qui est récurrent : la vexation non voulue. Du genre "T'as grossi, toi" ou "Je l'aime bien avec son cheveux sur
la langue". Aucune réserve. Je ne sais pas s'ils se rendent compte que cela pourrait vexer profondément. Toutes ces petites phrases piquantes dites avec légèreté. Comme si la notion de vexation
n'était pas... Pas de réflexion avant, c'est direct du cerveau, à croire que l'on ne se retient plus avec l'âge.
Personnellement, j'admire et j'adore mes grands-parents. Ils ont beaucoup de vécu et méritent mon respect. Mais le temps passe toujours
et il faut vivre avec. La nostalgie et les regrets font beaucoup de mal.
Finalement
Tout ça ne me donne ni l'envie de vieillir, ni l'envie de me marier, ni d'économiser. Je n'ai pas envie de devenir une statue de
pierre.
Conclusion réelle : si un jour j'atteins un âge avancé, je pourrais au moins reprendre ces observations pour ne pas tomber dans la même
merde.
